Chronique d'un RMIste ordinaire en milieu urbain

Baiona

Le roi est mort! Vive le roi!
Hé oui ce blog est fini! Il était temps d'ailleurs!
Alors pour compenser l'immense perte culturelle pour l'humanité que cette fermeture engendre, je vais tenter tant bien que mal de lancer un video-blog qui aura pour thème "Moi perdu au pays basque" ... super j'en salive d'avance...

Voilà quoi, ça se passe par là: http://adadaprod.free.fr/Blog/index.php

 

4 Commentaires 20.10.06 22:28, Commenter

Happy end !

Manpower Biarritz calling :

"Mes félicitations vous êtes retenu pour le poste !"

Ça par exemple ! Qui l’eut cru ?

Le gros souci à présent est le logement, je commence le 31 juillet, et SDF ou non, je serais là-bas!

Avec la période estivale, les logements sont tous pris d’assaut, les FJT et auberge de jeunesse également…

Il existe des entreprises, m'a-t-on rapporté, qui, imposant un délai très court au nouvel embauché, paye les frais d'hôtel ou d'hébergement provisoire. Il en est même qui rembourse les frais de transports pour un entretien...

Une chose est sûr, ce n'est pas à moi que ça arrivera!

*** a doublé son chiffre d'affaire au cours des deux dernières années (26,5M€ en 2006), c'est une entreprise dynamique qui ne semble pas mourir de faim... il m'impose de commencer dans une semaine, conscient que j'habite à 1000Km de là et de la difficulté de trouver un logement... une chose est sûr, je me souviendrais de leur aide!

Enfin bref, j'ai un job à présent, happy end!

Tel un jeune carriériste, j'ai misérablement fait un choix entre vie privé et vie professionnelle... mais bon rien n'est jamais définitif.

Les paris sont ouverts, combien de temps vais-je rester dans ce nouveau travail?   ...

 

Merci d'avoir suivi ces aventures trépidantes, qui seront bientôt adapté au cinéma après la sortie prochaine du futur best-seller!

See You!


 

THE END !

 

8 Commentaires 21.7.06 15:01, Commenter

Tourisme amateur

6H, Biarritz, lentement l’océan se détache du ciel qui s’éclaircit, vision dantesque !

Dans la matinée, je rejoins ma sœur et une amie qui se trouve là-bas en vacances, hasard, signe, miracle, qu’importe.

Petit déjeuner dans un village rural de la côte basque… des hommes à béret, des panneaux écrits en Basque soulignés, d’autres écrits en français barrés, des activistes à la retraite, le Français relégué en seconde langue, quelques anecdotes d’attentats, d’arrestations, de forces de l’ordre malmenées, bref, quelque chose me dit qu’un Basque mange au moins deux corses au petit déjeuner !

Retour à Biarritz, encore quelques heures avant mon entretien, je ne résiste pas à l’idée de faire trempette ! Comme un gosse ! Parfum de vacances sur fond d’entretien, no stress !

14H, j’arrive au rendez-vous, malgré une douche je pue la marée descendante et des vapeurs de Chlorure de sodium m’anesthésie légèrement, je suis en mode touriste malgré moi. Foutu région, comment arrive-t-il à travailler ?

Trois jeunes trentenaires actifs et décidés me reçoivent, le bon flic, le mauvais flic et l’observateur.

Ils font partis du groupe ***, qui a décroché un marché avec l’entreprise *********. C’est Manpower qui m’envoie, j’en conclue donc qu’en cas de réussite je serais employé par Manpower qui m’enverra comme prestataire chez *** pour être prestataire chez ********…

Entretien basique et très pro emmené par le bon flic, je m’en sors mal comme d’habitude, mes talents d’acteurs étant limités, je n’arriverais jamais à me vendre correctement.

Je bafouille un peu, je justifie mal mon orientation tout comme mon expérience professionnelle faiblarde, de plus, l’observateur me fixant crûment, je stresse de plus en plus, mode touriste kiss my ass !

"What about your english level ? persifla le mauvais flic.
- Heu… ben…
- In english please!
- Ha… Well…

- Ok thank you! "

Bafouiller en anglais c’est encore plus dur! Après ça, Toc et syndrome de Tourette me démangent.

Le bon flic reprend les choses en main, on parle de mes loisirs, il semble étonné et tente de synthétiser ma personnalité :

"Vous aimez être autonome, indépendant, libre, c’est votre truc ça, non ?

- Oui, je dois bien l’avouer…"

Paf ! A ce moment là, si ce n’étaient pas encore déjà le cas, j’ai sonné le glas de mes dernières chances de les intéresser.

Tourner sept fois sa langue dans sa bouche, et surtout mentir ! Les deux règles d’or d’un entretien ! Et si faire du théâtre pouvait m’aider ?

Viens ensuite le descriptif du poste en question, l’annonce indiquait une mission d’un an pour rédiger des manuels de maintenance, des procédures, un boulot de rédacteur technique en somme. En réalité il s’agit de deux ans et demi, à trier des données, à classer des procédures de maintenance déjà écrite… du travail à la chaîne avec rendement puisqu’il y a plus de 4 millions de fiches !

J’ai du mal à cacher mon étonnement, mauvaise assimilation du descriptif du poste par l’agence d’intérim selon eux.

Bref, au bout d’une heure, l’observateur sonne la fin du round, du match, et le mauvais flic conclue :

"On a encore beaucoup de gens à voir, si on ne vous rappelle pas d’ici un mois… enfin vous savez ce que ça signifie"

Piteuse performance, face à des pros du recrutement je n’arriverai décidément à rien ! Je perds au point.

16H, retour à la plage!

 

 

Je noie ma déception dans l’eau salée jusqu’à ce que le soleil se couche.

Fin de journée, l’océan redevient sombre, surfeurs et baigneurs quittent la plage. Au final j’ai payé 200€ pour faire trempette, est-ce que ça valait le coup ? Hell Yeah !

23H, un orage éclate pour fêter mon départ !

Sur le quai je croise un jeune Nappy avec une mallette du CNED, contenant sans doute des cahiers de vacances ! Je monte avec lui dans le TGV avec l’idée soudaine et farfelue de faire marche arrière, de commander des cours au CNED et d’accepter provisoirement chômage et intérim… quelle folie nous guide par moment ?

 

19.7.06 17:42, Commenter

Une histoire de jambon

Impossible de travailler dans une bibliothèque ou un centre de documentation, je ne reçois que des réponses négatives ou des promesses fumeuses projetant dans un avenir lointain.

Alors je baisse les bras, et depuis une semaine je multiplie les candidatures basiques comme Jésus multipliait les sandwichs au poisson pendant les noces de Cana.

Résultat je me retrouve avec une sérieuse possibilité à Bayonne, mission intérim (encore...  ) d’un an comme Rédacteur Technique.

Entretien mardi, 200€ l’aller-retour, puisque chômeur indemnisé par les Assedic je n’ai pas droit à l’aide à la mobilité géographique donc si je ne suis pas pris j’envoie la facture à l’entreprise ou je réclame mon poids en jambon de Bayonne.

Une offre d’emploi peut en cacher une autre, je commence à le comprendre, alors un second entretien se profile pour Paris, assemblage de console de mixage numérique, sympa mais un contact prolongé avec l’électronique, comme pour Belfort, me couvre, hélas, le corps d’Herpes…

Bref, entre un jambon-beurre et un jambon de Bayonne le choix me semble vite fait !

5 Commentaires 13.7.06 14:01, Commenter

Débriefing

Pas de surprise, j’ai quitté ce job miteux. Le responsable des ressources humaines tout comme le chef d’atelier étaient à ce point compréhensif que je me demande s’il n’était pas content de mon départ.

Bref, le point délicat va être avec l’agence d’intérim, Vediorbis une fois de plus…

Vendredi devait être un jour d’essai supplémentaire, mais aujourd’hui je reçois un contrat de mission d’une semaine complète au lieu d’un jour. Ce qui implique que je n’ai pas quitté ce job en fin de mission mais en cours de mission. Cela va-t-il poser un problème avec les Assedic ? Dans le doute, je refuse, je ne signe pas ce contrat, je ne serais sans doute pas payé, on verra bien.

La semaine dernière j’avais postulé sur Lyon, un travail de rédacteur technique qui me paraissait bien agréable. Evidemment je n’ai pas été retenu, mais cette fois j’appelle pour un débriefing :

 

 

"Pourquoi ?

- Trop de diplômes, je n’ai pas confiance, généralement vous avez tendance à partir voir ailleurs.

- Trop instable ?

- Ce n’est pas ce que j’ai dit… l’autre souci c’est que vous n’habitez pas sur Lyon, si j’ai le choix entre une personne sur place et une qui va mettre 3 semaines pour trouver un logement, je n’hésite pas.

- Vous me conseillez de déménager d’abord et de postuler après ?

- Ce n’est pas ce que j’ai dit… mais vous pouvez "changer" votre adresse…"

 

 

Il y a quelque chose de blasant dans l’air aujourd’hui…

3.7.06 15:48, Commenter

Indubitable envol

Le deuxième jour est comme à l’accoutumée celui de la cohésion sociale.

"Pause café-clope !" (ça change de la pause jus de l’usine même si la finalité est la même)

Je découvre deux jeunes collègues, 23 et 26 ans, cheveux longs et regard évasif pour l’un, bouc et dynamisme pour l’autre.

ça parle un peu foot, musique, vie de tous les jours, et jugement pointilleux de l’entreprise. L’un a un Bep électronique, l’autre un Bac électronique. Après 4 mois d’intérim,  aucun n’a envie de finir ici.

"Ils sont en train de me former sur des nouvelles cartes.

- Ouais moi aussi le chef m’a dit que je serais formé sur d’autres cartes. Avant de faire ça il ferait quand même bien de nous demander si ça nous intéresse de rester ici."

Cette dernière phrase, d’une bouleversante profondeur m’interpelle.

Et moi ? Est-ce que ça m’intéresse ce job au fond ? En ai-je une utilité ? Ne suis-je pas en train de perdre du temps, des opportunités ? J’en viens même à me soucier des intérêts de l’entreprise si subitement je décide de prendre mon envol…

envol2.jpg 

 

A midi je m’apprête à partir quand une vieille maman engage la conversation.

Sans diplôme, école quitté à 16 ans, elle est intérimaire depuis plusieurs siècles déjà, mais son mari a des revenus suffisants pour eux deux alors elle ne travaille que pour s’occuper et payer les études de sa fille. Elle m’avoue avec une légère gêne qu’elle ne fait que six mois par an, juste pour toucher le chômage. Ce n’est évidemment pas moi qui vais la réprimander… un abus légal est toujours légal.

Tous ces vieux intérimaires me font peur, à force d’en croiser je les vois comme les spectres de mon futur.

Bref, aujourd’hui je suis donc livré à moi-même, je dois réparer tout seul plein de cartes mères défectueuses. Finalement je me contente de faire le tri, je répare celles qui peuvent l’être sans intervention de fer à souder… je flashe des bios c’est à peu près tout… Je hais les soudures !

Ici, la méthode pour réparer est simple, on marche à l’intuition ! Pas de doc technique, pas d’analyseur logique, pas le temps de chercher de toute façon quel composant est en panne.

On suspecte, on dessoude, on remplace, on ressoude, si ça marche tant mieux sinon on suspecte un autre composant… méthode simple, rapide, efficace mais qui implique beaucoup de soudure sous binoculaire donc ma motivation est en rase motte.

C’est mon dernier jour d’essai, mais le chef me demande de revenir vendredi, comme quoi…

Qui a dit que je n’étais pas content ? Moi refuser un travail ? Moi vouloir fuir ? Hé bien oui, j’y pense ! Une heure de route pour se rendre à un travail peu motivant, peu rémunéré, peu utile, c’est très usant, très oppressant et très coûteux.

Suspens (ou pas)  jusqu’à vendredi !

28.6.06 20:27, Commenter

Shit Sandwich

Belfort, 8H, en guise de bienvenue un orage éclate soudainement au-dessus de ma tête. Je franchis la porte de l’entreprise sous la pluie… journée prometteuse.

Jusqu’à 8H15 je subis la présentation de l’entreprise avec un baratin sur la sécurité et la qualité, classique, basique. Mon salaire sera de 8,65€ brut par heure… je crois que j’étais mieux payé pour ma mission d’éboueur.

Un homme rondelet et barbu entre, c’est mon chef. Il me guide à travers l’atelier où de nobles individus en blouse blanche s’affairent à réparer des cartes électroniques, majoritairement des femmes :

"Avant on utilisait des analyseurs logiques pour le dépannage mais de nos jours il faut diminuer les coûts de réparation alors on a plus le temps.

- Comment ça se passe alors ?

- Si c’est sous garantie on fait un remplacement standard sinon on bricole… mais avec votre niveau ça va aller, on a du mal à trouver des électroniciens par ici."

Cette dernière phrase me colle la pression, décidément je hais les gens qui comptent sur moi !

Jusqu’à midi, une formatrice toute dévouée m’initie au poste en question. Grannybabe en fond de trentaine, DUT en poche, 10 ans de métier au compteur, elle connaît tout, c’est un analyseur logique à elle seule ! Impressionnant !

Toute la matinée je teste des cartes mères et je diagnostique les pannes. Rien de passionnant mais rien de compliqué, problème de bios, de chipset, de connecteurs, d’alimentation, etc…

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En quelques heures la routine s’installe, je démarre et redémarre milles fois windows XP en manipulant un pc désossé, je m’ennuie presque alors j’observe les autres… 

 

Le constat est assez déroutant, j’étais habitué aux ouvriers qui juraient et hurlaient entre deux anecdotes de foot et de cul, hé bien dans cet univers majoritairement féminin, la différence est infime… Les ouvrières qualifiées (puisque connaissant de toute évidence mieux l’électronique que moi) hurlent de rire entre deux anecdotes de foot et non de cul, mais des hommes. Ah les hommes !

Cet atelier est dirigé par les femmes et le peu d’hommes qui y rôdent se font tout petits. Drôle d’usine !

12H, je retrouve le réflexe de Beaune. Je fuis l’atelier poisseux pour prendre l’air et je vais m’acheter un sandwich au Leclerc du coin. Là encore, je retrouve les mêmes individus, des jeunes pressés, en costume souvent, qui mangent vite et pas cher.

Rayon frais, nous sommes trois côte à côte, hésitant sur le choix des sandwichs. Le premier saisi un Sodebo Bacon Crudités à 2€20 et une salade fraîche avoisinant les 3€, il se dirige ensuite au rayon boisson. C’est le mieux habillé d’entre nous, il doit être commercial ou ingénieur itinérant.

Après un long cheminement cérébral, j’opte pour le pack plaisir gourmand Sodebo, comprenant un Poulet Crudités, un brownie et une compote pomme-fraise, le tout pour 3,5€, je flambe !

A la caisse je retrouve le troisième individu qui a finalement opté pour un Jambon Emmental de la marque repère,1,5€. Nos regards se croisent, puis stupeur ! Mon pack plaisir ne me coûte finalement que 1,5€ ! Je tarde volontairement à ranger ma monnaie, jambon emmental passe à côté de moi, je jubile ! Je prends des risques et je gagne ! Je suis un jeune cadre dynamique ! Ahahahahahah…. Puis je vais manger comme une merde sur le parking… loser !

13H, le boulot recommence, mais cette fois il faut que je change des composants et donc que je dessoude puis que je ressoude du CMS aussi petit que possible, sans même savoir si ceux –ci son responsable de la panne (pas de doc technique, pas d’analyseur, réparation en aveugle).

Fer à souder brûlant, étain indomptable, air chaud, binoculaire, tresse à dessouder que j’arrive à souder sur un composant, stress, chute de cheveux, bref l’enfer s’il en est !

Ça partait pourtant bien, ce boulot ne semblait pas déplaisant, hélas n’étant pas abonné à Soudure magazine et étant génétiquement non manuel, je ne peux que constater les limites de ce métier.

Conclusion lorsque le chef vint me voir tout sourire, j’ai failli lui jeter en plein visage un :

 "Je préfère le chômage au soudage !"

Hélas je n’en ai pas eu la force… demain par contre, dernier jour d’essai, ma formatrice étant absente, me retrouvant seul, je risque de craquer plus sérieusement !

2 Commentaires 27.6.06 20:33, Commenter